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« Mieux vaut prévenir que guérir », dit
l’adage…
La Mongolie est une destination hors des sentiers battus, a laquelle
il faut être préparer.
« On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes
comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume,
vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées
par les lessives qu’on vous tend avec un éclat de savon
dans les bordels.
On s’en va loin des alibis ou des malédictions natales,
et dans chaque ballot crasseux coltiné dans les salles d’attente
archibondées, sur de petits quais de gare atterrants de chaleur
et de misère, ce qu’on voit passer c’est son
propre cercueil.
Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer
faire voir ce qu’on a vu ?
Devenir reflet, écho, courant d’air, invité
muet au petit bout de la table avant de piper mot. »
Nicolas Bouvier, L’Usage du Monde.
Regardons de plus près les conditions matérielles
et humaines d’un tel voyage, pour mieux savoir a quoi s’en
tenir et ne pas pris en défaut.
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Conditions matérielles
Saisons
Le printemps, du nouvel an mongol
Tsagaan Sar (fin février/début mars) au mois de mai,
est la saison la plus dure, celle ou « les corps sont las
», pour les éleveurs comme pour leurs bêtes.
Saison du vent, des journées de 11 à 15h d’ensoleillement,
température diurne à 10° et nocturne a -10°.
L’été, la belle
saison et la haute saison touristique, de juin a aout ; température
diurne de plus de 20°, nocturne entre 5 et 10°. Moins de
vent, mais des pluies : les premières des la fin du printemps,
et la grosse saison de pluie d’été entre le
15 juillet et le 15 aout – mais rien qui ressemble a des moissons
!
L’automne, saison du feutre,
de mi aout a décembre ; des journées de 12h de soleil,
a 15° et du vent, et des nuits a -5° ; une saison de pluie
d’automne d’aout a mi septembre.
Et l’hiver, saison des 9*9,
ces 81 jours les plus froids – et les plus courts de l’année
; moins de vent, de la neige tous les 7 a 15 jours, et des températures
de -15° a -25° dans la journée, pour des -35°
la nuit.
Ceci pour vous donner une idée ; pour plus de précisions,
consultez le lien de météo suivant :
http://www.meteoconsult.fr/ter/monde/sommaire_pays.php?num_pays=120&langue=fr&echeance=0
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Routes
La Mongolie reste sans doute l’un des pays les plus pauvres
en routes goudronnées ; pour une superficie de trois
fois la France, elle totalise seulement 2 278,6 km de routes.
La plupart d’entre elles se situent : le long de la ligne
de chemin de fer Transsibérien / Transmongolien, de la
ville d’Altan Bulag (frontière routière
russo-mongole) a la ville de Zamin Uud (frontière sino-mongole),
passant par : Sukhbaatar, Darkhan, Oulan Bator, et finissant
a Choir, capitale de l’aïmag Gobisumer (ou 560 km
du nord au sud) ; cette route prend un embranchement de Darkhan,
2e ville du pays, a Erdenet, 3e ville du pays (180 km), et se
prolonge jusqu'à Bulgan (60 km), capitale de l’aïmag/région
du même nom. Des travaux sont en cours pour qu’elle
se poursuive jusqu'à Moron, capitale de l’aïmag
du Khovsgol (360 km de plus). D’autres routes rayonnent
de la capitale aux capitales d’aïmag : a l’ouest,
d’Oulan Bator a l’ancienne capitale de l’Empire
Mongol Kharakhorum (370 km, en travaux cette |
année et régulièrement), qui devrait se poursuivre
jusqu'à Tsetserleg (120 km). Au sud ouest, d’Oulan
Bator a Arvaikheer (430 km), capitale de l’aïmag de l’Ovorkhangai.
Et a l’est enfin, d’Oulan Bator a Ondorkhan (340 km),
capitale de l’aïmag du Khentii.
Le reste se concentre dans les centres urbains principaux, notamment
les 19 capitales régionales et les 3 villes indépendantes
d’Oulan Bator, Darkhan et Erdenet.
Tout ceci pour dire qu’en dehors de ces liaisons entre villes
principales, que des pistes ; les principales sont gravillonnées,
mais la plupart d’entre elles ne sont que de simples traces
de roues au milieu de la steppe, de qualité très inégale.
Le voyage en 4x4 en steppe est secouant et inconfortable, et requiert
une bonne santé physique. Et lors de votre voyage, le kilométrage
par jour n’a pas grande signification ; c’est plus le
temps de voiture journalier qu’il est utile de connaître.
Les pistes du Gobi sont les meilleures, et permettent une moyenne
de 40 à 50 km par heure. Celles du Khovsgol et du Khangai
sont moins bonnes, on y compte plutôt 30 km par heure. Les
pistes les plus dures sont celles des trois aïmags de l’ouest
et de l’Altaï, avec 10 à 20 km par heure.
La mobilité dépend bien sur des précipitations,
et certaines pistes peuvent même devenir impraticables, rendant
l’itinéraire prévu impossible à réaliser
; l’hiver, les routes et pistes sont praticables, mais les
véhicules plus lents que d’ordinaire.
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Transport
Les transports internationaux pour venir en Mongolie sont peu
nombreux ; pour l’aérien, la compagnie russe Aeroflot,
avec changement a Moscou : confort basique et amabilité
spartiate. 3 vols hebdomadaires en hiver, quotidien l’été
(mi juin-mi septembre). Ou par la compagnie mongole MIAT, avec
changement a Berlin (deux vols hebdomadaire). Pour ceux qui
souhaitent plus de confort (mais plus onéreux), il est
possible de passer par Beijing avec Air France et
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Air China, ou par Séoul avec Korean Air. Paris/Moscou moins
de 4h de vol, Moscou/Oulan Bator dans les 6h ; Paris/Berlin un peu
plus 1h, Berlin/Moscou près de 2h.
Par le train, le Moscou/Oulan Bator prend 4 jours et 5 nuits, et Oulan
Bator/Beijing 32h pour les trains directs (2 par semaine en hiver,
3 en été ; et 2 « non-directs » hebdomadaire).
Les réservations de train sont excessivement difficiles a assurer
: le Transsibérien/Transmongolien est un train commercial et
une voie de communication privilégiée entre la Russie,
la Mongolie et la Chine. Trop peu fréquents et trop de marchands
; merci de votre compréhension si d’ordinaire vous n’obteniez
pas la classe de réservation que vous avez demandé !
Pour les circuits une fois sur place, les véhicules les plus
communs sont des 4x4 russes (jeep UAZ 69, et son homonyme mini-van).
Ces véhicules ne paient certes pas de mine, mais sont de loin
les plus adaptés pour des voyages en steppe : passe partout,
tous les chauffeurs croisés (en plus du votre) les connaissent
parfaitement et peuvent donner un coup de main pour la mécanique,
et on trouve un réseau de pièces de rechange un peu
partout dans le pays. Le revers de la médaille est que leurs
moteurs chauffent vite (arrêts fréquents par temps trop
chauds ou sur pentes raides), la maintenance constante et le confort
plus rustique que celui d’un Land cruiser. Pour ceux qui ont
peur d’être trop « maltraité », il
est possible de voyager en 4x4 japonais, bien plus onéreux
mais plus confortable.
La saison touristique (mi-juin/mi-septembre) étant courte et
les transports peu nombreux, il est nécessaire de s’y
prendre a l’avance pour venir en Mongolie - surtout en juillet/août.
Il est difficile de voyager « éco » en Mongolie
; a cause de l’éloignement du pays d’origine, d’une
part ; et par le type de voyage (en 4x4, consommant 20l au 100 pour
des boucles une moyenne de 2300 km en 15 jours). Dans la mesure du
possible, privilégiez le train pour venir ; et, une fois sur
place, les circuits sans vol intérieur et les transports non-motorisés
: trekking, randonnée équestre assistée de chevaux
de bat, méharée, VTT… |
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Hébergement
On trouve a Oulan Bator une gamme d’hôtel variée,
du sans étoile au grand luxe. Les hôtels bon marchés,
de même que les hôtels locaux (en région) sont
très fréquentés par des Mongols et souvent bruyants,
placés a cote de discothèque ou de cafés.
Les guesthouses proposent des logements en dortoir et sont peu
chères et |
bien tenues. Le logement chez l’habitant est courant, en ville
comme à la campagne. Dans les deux cas, vous partagez alors
les conditions de vie des locaux ; soyez indulgents, elles sont plus
rudes que les nôtres ! Et lorsque vous vous invitez (ou vous
faites inviter) chez des éleveurs a partager leur yourte, penser
a leur laisser quelque chose en retour, même si l’hospitalité
est gratuite ; un peu de monnaie n’est jamais perdu, et des
produits de premières nécessités toujours les
bienvenus.
En steppe, l’hébergement touristique de base est le camp
de yourtes aménagées ; un groupement de yourtes destinées
aux touristes de passage, avec un bâtiment en dur pour les sanitaires,
et un autre (ou une grande yourte) pour le restaurant. Ces camps sont
ouverts de mi-juin a mi-novembre. L’eau est généralement
chaude, mais comme elle n’est pas courante, il faut ici aussi
être souple et compréhensif – voire patient, le
temps qu’elle chauffe.Autre type d’hébergement,
les yourtes d’hôtes, ou des yourtes sont ajoutées
a un camp d’éleveurs nomades pour recevoir des touristes
de passage ; le confort y est plus rustique, et cet hébergement
n’offre généralement peu ou pas de facilités
pour l’hygiène. Il permet cependant de partager la vie
de la famille, sans pour autant envahir son espace.
Pour la plupart des nuitées d’un circuit, on campe ;
et en dehors de rares endroits interdits (espaces strictements protégés
de parcs naturels, territoire d’un monastère…)
ou peu recommandés (en ville et a proximité des centres
urbains ; a cote d’une famille, si vous ne lui avez pas demande
auparavant - attention aux chiens !), il vous est possible de poser
votre tente ou bon vous semble. Seuls les parcs nationaux et réserves
seront payantes – un ranger, sans doute a moto, viendra alors
vous demandez des droits en échange d’un billet d’entrée.
De même que pour les transports, il est recommandé de
réserver à l’avance les hébergements touristiques
(hôtels a Oulan Bator, camps de yourtes en steppe), indispensable
au mois de juillet. |
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Restauration
Végétariens ou allergiques aux produits laitiers,
soyez prévoyants ! A Oulan Bator, il est possible de
trouver tout type de restaurants et de nourriture, mais a la
campagne, les produits de base sont moins diversifiés
et les produits frais plus rares (fruits et légumes)
- en dehors des produits laitiers locaux.
Et pour ceux qui souhaitent être chez l’habitant,
le régime alimentaire mongol est basé sur la viande
de mouton, les produits laitiers et la farine, le tout bien
plus gras que chez nous pour l’apport calorique indispensable
au froid. |
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Conditions humaines
La Mongolie est un pays ou il est difficile de voyager seul, à
cause de la langue et du manque de repères classiques (signalisation,
transports en commun…).
Votre voyage est souvent encadré par des locaux, meilleure
porte d’entrée sur la culture d’un pays. Mais dans
des conditions différentes de chez nous.
Guide
Les guides sont pour la plupart des jeunes étudiants en langue,
faute de formation existante pour ce métier ; ils sont donc
interprètes avant tout. Souvent de la ville, ils ne connaissent
pas nécessairement bien le mode de vie traditionnel des éleveurs
nomades. L’expérience acquise et leur complémentarité
avec un chauffeur souvent plus âgé et connaissant la
campagne leur permet cependant d’être d’intéressant
compagnon de voyage.
De plus, les Mongols sont par nature modestes et introvertis ; n’hésitez
pas a leur poser des questions, ils savent souvent plus de choses
que ce qu’ils ne disent.
Chauffeur
Les chauffeurs paraissent l’élément indispensable
a un voyage en steppe, les conditions étant difficiles :
mauvaises routes, signalisation inexistante, connaissance de la
mécanique indispensable… ils sont souvent chauffeur
de métier, et originaire de la campagne pour connaître
les routes et savoir se repérer.
Il faut toutefois garder a l’esprit que le voyage ici se fait
autrement ; il est de coutume d’aller d’un point a l’autre
en demandant son chemin aux nomades croisés, faute de cartes
fiables et d’autres moyens de repérage trop coûteux
(GPS). Ces rencontres font partie du voyage et servent régulièrement
de prétexte à une invitation sous la yourte, au même
titre que les arrêts mécaniques réguliers.
De même, il est bon de savoir qu’une question qui nous
vient toujours trouve très peu de résonance auprès
des Mongols : quand est ce qu’on arrive ? Vos chauffeurs savent
la plupart du temps combien de kilomètres vous avez a parcourir,
et le temps approximatif que cela demande. Mais y répondre
revient à mettre les esprits au défi et est porteur
de malchance ; qui sait ce qui va arriver en route ? Profitez de
la beauté de la route en lâchant prise sur ces questions
reste la meilleure manière d’apprécier le voyage.
Cuisinier
Beaucoup de voyage de groupe requiert les services d’un cuisinier.
Sans vouloir répéter ce que nous avons dit pour la
restauration, nous rappellerons juste ici que faire des repas équilibrés
et diversifiés chaque jour est difficile à la campagne.
Aussi, les conditions de préparation d’un repas en
steppe (petit gaz, vent, dehors…) demande du temps pour qu’il
soit prêt. Encore une fois, patience…
Accompagnateur
Les accompagnateurs équestre, chamelier et autres ne sont
pas des professionnels comme nous l’entendons, mais souvent
des personnes de la famille (ou en lien avec) ou nous avons pris
les bêtes. Ils savent comment s’en occuper et sont la
pour cela ; a vous de demander conseils si besoin est.
Hôte
Beaucoup de rencontres spontanées dans ce vaste pays peu
peuplé… rencontres qui se terminent régulièrement
sous la yourte. C'est-à-dire chez des gens. Cette constatation
peut paraître un peu bête, mais on a souvent du mal
à imaginer que l’on est dans une maison, chez quelqu’un,
quand on est sous la yourte. Et s’il est vrai que de nombreux
us y sont liés, restons simple : pour faire bien, soyez respectueux,
simplement. Comme vous le seriez chez des gens qui vous invitent.
Les nomades ont tendance a recevoir comme personne et vous offrir
tout ce qu’ils ont ; gardez a l’esprit que ce sont des
gens simples, et rendez leur la pareille ans la mesure de vos moyens
– produits de première nécessité si vous
mangez, un peu d’argent si vous restez dormir, de petits cadeaux
si vous créez du lien…
Et si vous ne savez pas comment vus y prendre, n’hésitez
pas a demander a votre guide.
"Si on ne laisse pas au voyage le droit de nous détruire
un peu, autant rester chez soi."
Nicolas Bouvier, L’Usage du Monde
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